J’avais prévu de passer un bon petit moment chez Lydie puis au bout d’une demi heure j’étais dehors avec l’envie de lui dire que le monde ne tournait pas autour d’elle, qu’elle était méchante quand elle me disait du mal de l’aide ménagère pas assez efficace, qui ne comprenait pas assez le français, qui était trop enrobée pour ce travail, que le jardinier aurait peut-être fini de tondre le jardin à Noël à l’allure où il travaillait, que je passais pas assez souvent, que je l’oubliais…
Je sais que les médicaments pour sa maladie créent un stress, succitent la parano et que l’isolement dont elle souffre n’arrange pas les choses. Je sais que c’est frustrant de toujours demander à l’autre de faire ce que l’on ne peut plus faire. Je sais que les êtres disparus dansent autour d’elle et qu’elle voudrait bien aller danser aussi. Je sais tout cela. Je pars en colère, pas après elle, après moi.




C’est vous qui le dites